jeudi 24 janvier 2008

Semaine de l'unité : "priez sans cesse"

"Priez sans cesse" : c'est le mot d'ordre de la semaine de prière 2008 pour l'unité des chrétiens. L'oecuménisme institutionnel semble patiner et pourtant je crois que localement, catholiques et protestants n'ont jamais autant priés ensemble, qu'ils n'ont jamais autant agit ensemble que de nos jours. Alors ne nous arrêtons pas là et persévérons dans la prière pour l'unité de l'Eglise mais surtout pour notre monde qui souffre des douleurs de l'enfantement (Ro 8,22).

« Réjouissez-vous toujours et priez sans cesse», ainsi s'adresse Paul aux Thessaloniciens (1Th 5,16) pour les soutenir, pour les réconforter. Aujourd'hui encore nous avons besoin de cette interpellation. Il nous arrive de sentir nos forces fléchir, d'avoir le sentiment que nos prières restent sans réponses. Alors nous pouvons nous appuyer sur la prière de toute l'Eglise, elle nous porte pour que notre foi, encouragée par celle des autres, reste solidement ancrée.


Depuis quelques mois, nous nous retrouvons tous les vendredis soir pour un court moment de prière à Arras. Ce temps permet de se poser, de se ressourcer et de porter à plusieurs ce qui nous paraît impossible à porter ou complètement utopique: « Réjouissez-vous, priez sans cesse et rendez grâce en toutes circonstances car c'est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus ».

et voici une belle prière de soeur Myriam pour toutes les fois où nous n'arrivons pas à prier :

Mon Dieu, ô mon Dieu,
Je ne sais pas prier,
Je ne sais pas si tu es là,
Je ne sais pas ce que tu fais de mon cri
De ma peur
De mon ennui.
Je ne sais pas ce qu’on nomme prière ;

Est-ce, mon Dieu, ce soupir immense
Qui monte des profondeurs de ma vie
Et semble se perdre comme un souffle dans le ciel. ?
Est-ce, mon Dieu, cette timide confiance
Qui ose à peine croire à demain ?
Est-ce, mon Dieu, cet appel
Qui semble se perdre comme l’écho dans les montagnes ?

Mon Dieu, ô mon Dieu,
Je ne sais pas prier,
Je n’ai jamais croisé ton regard,
Je n’ai jamais vu ton sourire,
Je n’ai jamais serré ta main,
Tu n’as pas marché près de moi.
Mon Dieu, comment pourrais-je te prier ?

Sœur Myriam

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dimanche 20 janvier 2008

Bienvenue !

Vous venez de découvrir ce site et vous souhaitez en savoir un peu plus...

Nous sommes l'Eglise Réformée de l'Artois, c'est à dire une communauté protestante de tradition "calviniste", ou "presbytérienne", rattachée à l'Eglise Réformée de France, elle même étant membre de la Fédération prostestante. Dans la rubrique intitulée "présentation", vous pourrez ainsi faire connaissance avec notre conseil presbytéral ou avec notre pasteur.

Pour en savoir un peu plus sur nos convictions, vous pouvez aussi cliquer ici.
Pour en savoir plus sur l'histoire du protestantisme dans l'artois, jetez un coup d'oeil ici.

Ce site est une vitrine de nos activités, de nos convictions. L'essentiel est bien ce qui se passe "sur la terrain" alors si vous souhaitez vous associer à nos activités, contactez-nous ou venez au culte, moment central et ouvert à tous. (voir le calendrier des cultes)

Bonne visite,

Le pasteur : Robin Sautter,
51 rue de Grigny 62000 Arras
03 21 71 13 58, pasteur[at]erartois.com

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jeudi 17 janvier 2008

Le scoutisme décolle à Arras



Oui il décolle. En vrai et sur internet :
Voir le site régionale trés complet avec son forum, ses photos itou itou.
Voir aussi le blog du groupe d'Arras avec les dates et les infos des activités.
Bon surf !

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Le jugement dernier

Prédication du 13 Janvier 2008
1 Co3,11-15 et 1Co15,39-49

On retrouve l'idée d'un jugement après la mort dans toutes les religions et le christianisme n'y a pas échappé. La compréhension la plus classique de ce jugement est d'imaginer un jugement sur les actions : les bonnes et mauvaises actions sont pesées et suivant le bilan, le défunt est envoyé vers un Enfer ou vers un Paradis.

Cette solution est bien sûr angoissante et nous apparaît comme profondément injuste. Déjà parce que nous ne sommes pas tous égaux à la naissance, certains partent avec plus de chances que d'autres et celui qui aurait été méchant pendant une bonne partie de sa vie n'aurait aucune possibilité de se racheter.

Alors le christianisme a inventé le salut par la foi : ce qui est jugé, ce ne sont pas vraiment les actes, les oeuvres, mais la volonté profonde de faire bien. C'est déjà mieux mais cela reste inquiétant. Si nous sommes jugés sur notre foi, sommes-nous sûr d'avoir une foi suffisante ? Et qui dire des peuples et des personnes qui n'ont jamais été évangélisées?

C'est là qu'apparaît la doctrine de la grâce. Dieu a le moyen de sauver quelqu'un, même quand, dans le fond, un jugement objectif ne pourrait que le condamner. C'est la doctrine de la prédestination de Calvin : voyant qu'il n'est pas satisfaisant de faire dépendre la salut de l'homme lui même, autant le faire dépendre de Dieu seul. Mais là encore, on aboutit à un problème : comment admettre ce arbitraire divin qui voudrait qui voudrait donner sa grâce et son pardon à l'un et qui le refuserait à l'autre?

Alors aujourd'hui, la plupart de nos contemporains règle la question par l'universalisme : tout le monde est sauvé par la miséricorde infinie de Dieu. Cela revient à nier l'existence d'un quelconque jugement. Cette position peut paraître rassurante et généreuse mais elle est intenable. Pourquoi?

Parce que d'une part elle n'est pas évangélique : dans l'Evangile il y a des bons et des mauvais, il y a certains qui sont sauvés et d'autres qui ne le sont pas. D'autre part parce que si l'on réfléchit un peu, cette doctrine est révoltante : comment imaginer que Dieu se fiche de tout, qu'il ne fasse aucune distinction entre le bien et le mal, que l'opprimé n'obtienne pas réparation et que son oppresseur comme lui se retrouvent à égalité dans un royaume prétendument ideal. Si Dieu sauve tout le monde de la même manière alors il n'est plus possible de croire en lui. Il ne peut garder pour l'éternité la mal, la violence, la jalousie, le crime....

Donc si Dieu sauve tout le monde, il ne peut pas tout sauver dans tout le monde. Il y a forcément dans chaque être, des choses que Dieu sauve et d'autres qu'il écarte. Personnellement cela, je veux bien le croire, et je me dis que c'est peut-être là, la signification de ce jugement dernier.

Car ce qui est peut-être faux au départ, c'est cette idée traditionnelle qu'une ligne de démarcations départagerait les individus en deux clans : ceux qui sont sauvés d'un côté et ceux qui sont perdus de l'autre. Je trouve cela profondément injuste : ou faire passer la limite? On retrouve ce problème dans le système scolaire. Celui qui a 9,99 de moyenne est recalée alors que celui qui a 10,01 voit ses compétences. Dieu ne peut-il pas mettre en oeuvre un système plus juste que notre système éducatif??

En fait, le Moyen-âge avait inventé une théorie très astucieuse pour pallier à se problème : le purgatoire. Il permet justement d'éviter cet aspect révoltant d'un jugement binaire et radical : il y a les très mauvais qui sont perdus, les très bons qui sont sauvés et entre les deux, toute la masse qui sera traitée proportionnellement à sa bonté. Il y a donc là une certaine équité que l'on peut espérer de Dieu mais cet échappatoire, n'est à mon avis toujours pas satisfaisant. D'abord elle n'a aucun fondement biblique ce qui la discrédite complètement et d'autre part, elle est pour moi trop contraire à l'idée que j'ai de Dieu. Si Dieu nous sauve, ce n'est pas en nous faisant « payer » nos fautes. Si Dieu est une père et qu'il nous aime, il n'a pas besoin de notre souffrance soi-disant réparatrice, pas plus que de la prière des vivants. Je ne crois pas qu'il puisse y avoir un lieu de « perfectionnement » après la mort, je crois que notre vie se joue ici-bas, sur terre.

Notre vie terrestre est faite de bien et de mal, de choses bassement terrestres et contingentes et de choses merveilleuses, spirituelles et éternelles. S'il doit y avoir un jugement, ce ne peut être que pour faire le tri entre ces deux dimensions. Si je suis sauvé, j'espère bien que je n'aura pas pour l'eternité mes défauts, mes mesquineries, mon mal de genoux et toutes ces choses qui pourrissent ma vie et celle de mes proches. Je pense que Dieu ne gardera de moi et de vous que le meilleur et le reste, il est envoyé dans la Géhenne.

Tiens d'ailleurs qu'est-ce que la Géhenne? La Géhenne ce n'est pas une sorte d'Enfer particulièrement pénible, c'est d'abord un lieu géographique, qui au passage existe encore à Jérusalem. En gros c'était le décharge publique, un tas sur lequel on jetait toutes les ordures, les choses inutiles et mauvaises, et auquel on y mettait ensuite le feu. Pour moi c'est cela l'enjeu du jugement dernier, c'est de détruire tout ce qui ne vaut rien, tout ce qui nous fait souffrir et c'est bien ainsi.

Et c'est exactement ce que dit Paul dans le passage que nous avons lu, en 1Co 3 : nous construisons notre vie avec différents éléments comme le bois, la paille ou encore le métal et les pierre précieuses et le jugement agit comme un feu pour brûler la paille et garder le meilleur. Il conclut même en disant que tout le monde est sauvé mais « comme au travers du feu. » qui ne laisse subsister que ce qui vaut quelquechose.

De même, pour expliquer le jugement, l'Evangile prend aussi l'image de la moisson : on prend tout, on sépare le grain de la paille, puis on jette la paille et on prend le grain. Il prend aussi la très belle image du pressoir à raison, souvent utiliser dans la théologie chrétienne. Il s'agit là encore de séparation. C'est ainsi que la mort agit, on écrase tout d'un côté sort le jus excellent qui est conservé, quant au reste, il ne vaut rien, on le jette.

Mais cette dimension purement physique de notre vie n'est pas mauvaise pour autant, elle est juste provisoire. Il serait dangereux de prétendre pouvoir s'en passer ici-bas. On ne peut avoir d'épis de blé sans tige, et la chair du poisson ne pourrait venir à maturité sans les arrêtes... Nous n'avons pas à opérer nous même le Jugement, celui-ci doit rester « dernier ». C'est en quelque sorte le message de la parabole du bon grain et de l'ivraie. Oui dans notre vie il y a du beau et du bassement matériel... laissons les cohabiter, le Jugement dernier fera le tri.

Ainsi la limite entre ce qui est sauvé et ce qui est perdu ne passe pas entre les hommes pour les séparer les uns des autres mais en chacun de nous. Le jugement dernier n'est donc plus une chose terrifiante, risquant de nous envoyer tout entier en Enfer : c'est au contraire une très bonne nouvelle. Dieu ne gardera de nous que le meilleur et il oubliera le reste. C'est une bonne nouvelle et une grâce pour tous.
Amen

Robin Sautter
D'après une prédication de Louis Pernot du 28/10/2001
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jeudi 3 janvier 2008

Le travail du dimanche


La religion de la consommation serait-elle le culte officiel de la France laïque ?

Le président de la Fédération protestante de France s’interroge sur le sens de la libéralisation du travail le dimanche.

Il est question de généraliser l’autorisation de travailler le dimanche… À mes yeux, ce n’est pas une bonne idée ! Qu’un pasteur réagisse ainsi n’étonnera personne, et pourtant ce ne sont pas des intérêts particuliers que je défends. Au contraire, ma démarche est antireligieuse ! Dans ce projet, je dénonce d’abord la religion de la consommation.


La tendance à ne plus faire de différences entre les jours pour permettre de travailler et de consommer vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, est l’affirmation sans complexe du culte de la consommation animé par sa prophétesse publicité (dont le credo est la loi du marché). C’est logiquement que le supermarché est devenu le lieu de la célébration par excellence, l’endroit où le travailleur fatigué s’enivre de musiques et de lumières pour mieux sacrifier dans la joie. C’est une expression de la liberté de culte, direz-vous.

Certes, mais ce qui est surprenant, c’est que ce culte semble devenir le culte officiel de notre République qui ne serait donc plus laïque ! Plus que cela, j’avance que ce culte reconnu a un penchant sectaire évident. Ceux qui suspectent sans cesse les mouvements religieux d’égarement, sont curieusement muets devant le lavage de cerveaux que subissent adultes et enfants par le biais d’une publicité omniprésente, particulièrement en ce temps de Noël ! Ces défenseurs des innocents semblent indifférents à la frénésie consommatrice, à moins qu’ils n’en soient eux-mêmes le clergé ! Un comble !

Quand la Bible préconise des jours de repos et de fêtes, elle offre du temps pour célébrer Dieu, mais plus largement elle souligne la nécessité pour tout homme de sortir d’un travail dont il est potentiellement l’esclave. Le repos régulier qui peut donc se partager, comme se partage le travail, est alors l’occasion de prendre du recul et de réfléchir sur les finalités de son action. Pourquoi travailler plus ? Pourquoi gagner plus ? Pour qui ? Pour quelle vie ? Dans quelle création est-ce que j’inscris mon ouvrage ?

Président de la Fédération protestante de France

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